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Les "perles" des followers !

Il est vrai que lorsque l'on pratique une activité aussi atypique que le mermaiding, nous avons le privilège d’apporter beaucoup de bonheur aux gens que nous croisons. Les yeux émerveillés des petits comme des grands, restent nos plus belles récompenses. Mais malheureusement, toute médaille à son revers et nous sommes aussi, parfois, confrontés à des remarques plus ou moins plaisantes dont nous devons nous accommoder.

Nous vivons dans une société où la majorité des gens se rassurent en se fondant dans un moule. Dès l’instant où vous sortez de ce moule, alors vous n’entrez plus dans les cases et vous devenez gênant. Parce que votre audace, votre liberté et votre joie de vivre, poussent les moutons à remettre en question leurs propres choix. Et même si le bilan est peu réjouissant, il leur est plus confortable d’attaquer l’autre, plutôt que de se remettre en question.

C’est pourquoi, que ce soit par méchanceté, par bêtise ou tout simplement par ignorance d’une activité encore très méconnue en France, mes collègues et moi-même, avons parfois à faire face à des remarques ou questions, tantôt agressives, tantôt déplacées, voir carrément...inattendues.

Voici les différentes catégories de gens auxquels nous devons faire face et un florilège de ce que nous pouvons entendre au quotidien et les réponses à apporter pour moucher votre adversaire MAIS toujours avec la classe et le sourire ! Ça passe beaucoup mieux et c’est infiniment plus drôle.


Catégorie 1 : les "surdoués" et leurs questions improbables :

Lorsque j’ai débuté dans le mermaiding, il y a de cela 3 ans, l’activité arrivait tout juste en France et était encore plus mal connue que maintenant. Lorsque j’ai montré mes premières photos à une collègue de travail, elle m’a demandé :

- Tu peux marcher avec ton costume ?

C’est une question qui peut paraître idiote, mais finalement pas tant que cela, si on se met à la place de quelqu’un qui ne connaît pas du tout le sujet. Après tout, on pourrait parfaitement imaginer que la monopalme se détache du corps du costume pour que cela devienne une sorte de jupe moulante.

C’est pourquoi je pardonne facilement cette première question et explique comment le costume est fabriqué et qu’il est conçu uniquement pour nager. C’est alors qu’elle me sort cette perle magnifique :

- Ha donc tu ne peux pas marcher. - Puis après un temps de réflexion qui manifestement lui a demandé un gros effort - Et courir non plus ?

Comment te dire…si je ne peux pas marcher, forcément… Bref, passons...

Plus tard, lorsque j’ai voulu me professionnaliser, j’ai consulté une «spécialiste» censée m’aider et me donner des tuyaux pour me faire connaître et développer mon activité. Dès le premier rendez-vous, voici la question qu’elle me pose :

- «Et pour votre activité de sirène ? Est-ce qu’il faut savoir nager ?»

Cette envie que j’ai eu de lui répondre :

- "Ho non t’inquiète ! Je mets des brassards et au pire y’a Flipper le dauphin qui me porte…"

Mais ceux qui me font le plus rire, sont ceux qui crient à l’arnaque en commentant vos photos ou vidéos sur les réseaux sociaux. La remarque la plus courante est :

- «Mais c’est n’importe quoi !! Ce n’est même pas une vraie sirène, elle à une fausse queue !»

WOUAAAA ! On dirait bien que tu viens de découvrir la supercherie du siècle toi ! Tu veux une médaille ? Et dis-moi, est-ce que tu es aussi au courant, que ce n’est pas parce que le château du Neuschwanstein a inspiré celui de "La Belle au Bois Dormant" de Disney, que tu vas forcément y croiser la princesse Aurore ?! Ha d’ailleurs à ce propos. Les personnages de Disneyland... ce ne sont pas les vrais non plus ! Je précise... On ne sait jamais. Il y en a pour qui cela semble utile apparemment.


Catégorie 2 : les moqueurs :

Il peut arriver qu’au cour d’une prestation, vous tombiez sur un petit rigolo, bien décidé à amuser la galerie en vous rabaissant l’air de rien. J’en ai fait la désagréable expérience lors d’un événement dans un centre aquatique.

Lors de la pause déjeuner, en voulant quitter la salle de repas, je suis alpaguée par un maître-nageur, chargé de la surveillance. Beau garçon, mais coquille vide, entourée de sa cour et qui semble très sûr de lui :

- Alors ça va la sirène ? pas trop fatiguée ?

Le ton est déjà moqueur et mesquin, mais je n’y fait pas attention et réponds simplement

- Ça va merci.

Je m’apprête à passer la porte, mais il n’en reste pas là :

- Au fait !! Je voulais vous demander. C’est votre métier de faire ça ?! Vous êtes sirène à temps plein ?

(rire de l’assistance et de la colonie de pétasses qui l’entoure)

Fatiguée par deux jours d’animation non stop, je fais un effort pour rester calme et professionnelle en répondant que OUI c’est un métier.

Encouragé par ses petits copains qui trouvent la situation très drôle, il poursuit :

- «Et vous ne faites que la sirène ou bien ça vous arrive de faire d’autres animaux aussi ?»

Cette fois, je suis excédée et je décide que ça suffit. Mais malgré tout, il convient de rester calme et professionnelle. Ma réputation en dépend. Je laisse donc passer les rires et une fois le silence revenu, j’adresse mon plus beau sourire à ce jeune crétin et lui lance tranquillement :

- «Alors pour votre information, la sirène n’est pas un animal, c'est un être hybride ! Si vous ne connaissez pas le mot, vous n’aurez qu’à regarder la définition dans le dictionnaire. Cela vous donnera l’occasion d’en ouvrir un. Quelque chose me dit que ça ne doit pas vous arriver très souvent !»

J'ai bien aimé ce vent glacial qui à aussitôt plané sur la pièce...

Pourtant moi aussi je disais ça "pour rigoler" ! Avez-vous déjà remarqué comme ceux qui vous attaquent, sous couvert d'humour, perdent aussitôt le dit "sens de l"humour", lorsque ce sont eux qui se retrouvent sur la touche ?


Catégorie 3 : les méchants ou «haters »

Pour cette catégorie, je fais référence aux rageux qui se cachent derrière leur écran et l’anonymat que leur offre internet, pour déverser leur venin !

Il faut savoir que plus on est exposé et plus on attire ce genre de spécimen. La meilleure chose à faire est d’éviter de répondre. Car la réponse, engendre la réponse et vous vous retrouvez à gaspiller votre énergie pour des gens qui ne recherchent que ça et n’en valent pas la peine. Toutefois, j'avoue que la tentation de remettre la personne à sa place est parfois la plus forte. Faites-le alors, avec humour et sans agressivité. Ils seront complètement démunis et donc, très vite calmés. Exemple :

1) - «C’est nul ce que tu fais ! C’est de la merde. Tes photos et tes vidéos sont pourries etc...»

Votre réponse : "Je trouve pourtant que tu m’accordes beaucoup d’importance, pour quelqu’un qui trouve ça nul puisque tu as tout de même pris le temps de regarder mes photos, mes vidéos et en plus de m'envoyer ce message. Merci pour cet intérêt que tu me porte malgré tout."

ou

"Merci pour cette remarque constructive, très pertinente et pleine de maturité. D'autres suggestions ?"

2) - «Mais elle est grosse ! Elle est trop moche, c’est un thon cette fille ! Grosse baleine !» etc.

Ceux qui me suivent, le savent, ces insultes sont tombées sur le net à la suite d’un reportage diffusé dans l’émission CAPITAL sur M6. À cette période, j’avais pris un peu de poids et les "haters"( haineux en Anglais ) en ont fait des gorges chaudes. J’ai fini par répondre, à l’aide d’un post que j’ai publié sur ma page Facebook en ventant chaleureusement et avec humour, les mérites des poissons dont les noms servaient à m’insulter ( le thon, la baleine, etc.) Une stratégie payante, puisque à ma grande surprise, ma réponse à été reprise presque aussitôt, par la presse. M’offrant par la même occasion, une publicité très flatteuse puisque cela m'a permis de prouver que je connais mieux le sens de la répartie et de la formule que ceux qui m'ont insulté avec des thermes digne d'un enfant de primaire.

Le sexisme et la misogynie étant des fléaux, prenant malheureusement de plus en plus d'ampleur dans notre société, les femmes sont toujours plus facilement attaquées que les hommes et le plus souvent sur leur apparence. Plus particulièrement lorsqu'on exerce un métier d'image comme le notre.

Je sais que je ne suis pas la seule à avoir été confrontée à cela et je ne parle pas que pour mes amies sirènes. Tous les jours, des femmes, des adolescentes, ont à subir ces discriminations. Je veux leur dire de ne pas se laisser abattre ! D'oser répondre. Car en plus de votre force, vous possédez une chose que ceux qui vous attaquent n'auront jamais : l'intelligence.

Ne laissez jamais personne, tenter de vous faire croire le contraire.


Catégorie 4: ceux qui ne doutent de rien

Pour la rédaction de cet article, j’ai questionné mes camarades sirènes et tritons, sur ce qu’on a pu leur dire, afin de comparer nos expériences et avoir d’autres exemples à fournir. Et bien je n’ai pas été déçue et j’avoue, être littéralement tombée sur mon postérieur en les lisant. L’occasion de découvrir que décidément, certaines personnes ne doivent pas s’entendre parler pour sortir de telles énormités. Parmi les témoignages qu’on à bien voulu me transmettre, voici ce que mes camarades ont déjà eu à entendre et mes suggestions de réponse.


1) Un ami triton, enfile son costume sur la plage avant d'aller nager, lorsqu'un homme vient l'aborder :

- «Excusez-moi ! Vous pouvez prêter votre nageoire à ma femme ? En plus, ce serait plus logique que ce soit elle qui la porte parce que c’est une femme. Les queues de sirènes, ce n'est pas pour les hommes.»

Réponse : "J’aimerais bien, mais tu vois, une queue de sirène, c’est comme un préservatif ou un slip, ça ne se prête pas. Et sinon ça t’embête pas de me prêter ta femme ? Après tout ce serait plus logique que ce soit moi qui me la fasse non ?"

Cette anecdote sera l'occasion de mettre les points sur les "i" une bonne fois pour toute avec ce préjugé stupide, qui voudrait que le mermaiding soit essentiellement réservé aux femmes. Les hommes ont aussi leur place et peuvent parfaitement être tout aussi crédibles que les femmes sans pour autant perdre leur virilité. D'ailleurs, les plus sceptiques apprendront que les toutes premières représentations de sirènes qui ont été retrouvées, représentaient...Des hommes !


2) - «Et sinon, tu as postulé pour des cirques ou des cabinets de curiosités ?»

Réponse : "Non mais vas-y, toi ! Quelque chose me dit que tu dois être un sujet d'étude beaucoup plus passionnant que moi !"

Nous ne sommes pas des singes, ni des rats de laboratoire ! Nous exerçons simplement une activité de LOISIRS et de DIVERTISSEMENTS ! Quand on enlève le costume, tout redeviens normal. Donc on se détend, tout va bien !


3) - «Tu peux me donner ta nageoire en silicone ? Parce que j’ai pas les moyens de m’en acheter une !»

Réponse : "Ok ! Et toi, tu peux me donner ta voiture ? Parce que j’ai pas les moyens de m’en acheter une…"

OUI, un costume c'est cher ! Mais ce n'est pas parce qu'on ne se sert plus du notre, qu'on va vous le donner. Rassurez-vous, ça n'a pas été gratuit pour nous non plus...


4)- «Tu peux venir chez moi faire un spectacle aquatique ? Mais par contre, j’ai pas de piscine ! »

Réponse : "Et bien commence par la faire creuser et on en reparle après ok ?"

Celle là elle est extraordinaire ! Comment vous dire... Demander à une sirène de faire un spectacle aquatique sans eau, c'est comme demander à un plombier de venir réparer une fuite d'évier alors que vous n'en possédez pas ! On est bien d'accord, dans les deux cas, c'est compliqué.

Ce que les créateurs de costumes entendent très souvent :

- «J’ai que 200 euros (pour payer un costume qui en coûte 2000) mais tu peux me le faire quand même ? Je te ferais de la pub !»

Je crois que TOUS le artistes, connaissent ça un jour. Des demandes de prestations sous payées, quand ce n’est pas carrément gratuit. MAIS, grand seigneur, le « client » mettra un petit mot sur Facebook pour faire de la pub !

C’est bien gentil, mais voyez-vous, les artistes ne vivent pas de like, de partages et de commentaires sur les réseaux sociaux. Lorsque vous allez au restaurant, ce n’est pas parce que vous mettrez une photo de votre plat sur Instagram, que l'on va vous offrir gracieusement le repas. Et bien là, ne vous en déplaise, c’est pareil !


Le client qui montre un model de nageoire en silicone d’un créateur Américain ultra connu et va demander au créateur Français beaucoup moins connu :

- «Tu peux me faire exactement la même chose, mais pour 50 euros ? »

À ceux qui font ce genre de demandes. Il faut vraiment qu’on vous explique deux ou trois trucs. Premièrement : pour 50 euros, tout ce que vous pourrez espérer avoir, c’est un déguisement de la Foir’Fouille. Et encore je suis optimiste ! Deuxièmement : faire la même chose, reviendrait à faire de la contrefaçon, ce qui est tout simplement illégal. Chaque créateur à son style et sa personnalité. Donc si tu veux le même costume, tu achètes chez la personne concernée et si tu n’as pas les moyens, tu économises ou tu fais sans. Simple comme bonjour.


Conclusion :

Je remercie sincèrement les sirènes et tritons de France qui ont bien voulu me faire partager leurs expériences pour m’aider à la rédaction de cet article ! Je vous souhaite à tous une longue et belle route sur le chemin de votre passion.

Et peu importe ce qu’on vous dira, gardez toujours en tête cette citation de Line Renaud :

- « Qu’on vous aime ou qu’on vous déteste, si vous ne créez pas l’indifférence, alors vous êtes sur le bon chemin. »




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